Un cahier des charges de site vitrine n’a pas besoin de faire cinquante pages. Il doit surtout permettre à votre entreprise et au prestataire de comprendre le même projet : objectifs, publics, pages, fonctionnalités, contenus, contraintes, budget et responsabilités.

Un document clair vous aide à obtenir des devis comparables et réduit les ajouts coûteux en cours de route. Il ne doit pas figer toutes les solutions techniques avant même d’avoir parlé à un spécialiste. Décrivez précisément le résultat attendu et laissez au prestataire la possibilité de recommander la meilleure méthode.

À quoi sert un cahier des charges web ?

Le document remplit quatre fonctions :

  • aligner les personnes qui décident du projet ;
  • donner aux prestataires les mêmes informations ;
  • définir ce qui est inclus et ce qui ne l’est pas ;
  • servir de référence lors de la validation finale.

Sans ce cadre, deux devis peuvent sembler très différents alors qu’ils ne couvrent simplement pas les mêmes tâches. L’un peut inclure la rédaction, le référencement et la maintenance ; l’autre uniquement la conception des pages.

Le guide de France Num sur le cahier des charges d’un site internet recommande notamment de préciser le contexte, les objectifs, les cibles, les contenus, les fonctionnalités, le calendrier et le budget. Le modèle ci-dessous transforme ces éléments en brief directement exploitable pour un site vitrine.

1. Présentez l’entreprise et le contexte

Commencez par les informations qui permettent de comprendre votre activité :

  • entreprise, secteur, taille et zone géographique ;
  • produits ou services principaux ;
  • positionnement et différence par rapport aux concurrents ;
  • raison du projet : création, refonte, nouvelle offre ou changement d’image ;
  • interlocuteur qui centralise les décisions ;
  • liens vers le site actuel et les autres supports utiles.

Ajoutez ce qui fonctionne et ce qui pose problème aujourd’hui. « Le site est ancien » est moins utile que « 70 % des visites viennent du mobile mais le formulaire y est difficile à utiliser ».

2. Définissez des objectifs mesurables

Un site vitrine peut rassurer, présenter une expertise, attirer des demandes, générer des appels, faciliter des réservations ou recruter. Classez les objectifs par priorité.

Associez ensuite un indicateur à chaque objectif : envois de formulaire, appels, rendez-vous réservés, téléchargements, candidatures ou trafic sur une page stratégique. Précisez la situation actuelle si vous la connaissez et la cible recherchée.

Évitez « être premier sur Google », qu’aucun prestataire sérieux ne peut garantir. Demandez plutôt une structure techniquement propre, des pages alignées sur les recherches prioritaires et une méthode de suivi.

3. Décrivez les publics et leurs parcours

Pour chaque public, indiquez son besoin, ses objections, son niveau de connaissance et l’action souhaitée. Une direction d’entreprise n’a pas les mêmes questions qu’un particulier ou un candidat.

Exemple : « Dirigeants de TPE en Haute-Garonne, peu disponibles, qui veulent comprendre le prix et le délai avant de demander un devis. Action principale : réserver un appel de 15 minutes. »

Cette précision guide la rédaction, la hiérarchie de l’information et les appels à l’action.

4. Listez les pages et le périmètre

Proposez une première arborescence, même imparfaite. Pour un site vitrine, elle peut comprendre :

  • Accueil ;
  • Services et une page par offre prioritaire ;
  • À propos ou méthode ;
  • Réalisations ou études de cas ;
  • Blog ou ressources ;
  • Questions fréquentes ;
  • Contact ;
  • pages légales nécessaires.

Précisez le nombre approximatif de pages au lancement, les langues, les contenus à migrer et ce qui est volontairement exclu. Une version anglaise ne consiste pas seulement à ajouter un bouton : elle demande des textes traduits, une navigation, des métadonnées et une procédure de mise à jour.

5. Détaillez les fonctionnalités

Décrivez chaque fonction par son usage plutôt que par un nom d’outil :

  • formulaire avec champs et destinataire ;
  • réservation de rendez-vous ;
  • carte ou zone d’intervention ;
  • portfolio filtrable ;
  • avis ou témoignages ;
  • inscription à une newsletter ;
  • téléchargement d’un document ;
  • connexion à un CRM ou à un outil d’e-mailing ;
  • gestion multilingue ;
  • accès administrateur pour modifier les contenus.

Indiquez les outils déjà utilisés et qui possède les comptes. Toute intégration externe peut avoir un abonnement, des limites techniques ou des règles de protection des données.

6. Répartissez la production des contenus

Le retard d’un site vient souvent des contenus. Pour les textes, photos, vidéos, traductions et mentions légales, notez :

  • qui fournit ou produit chaque élément ;
  • le format attendu ;
  • la date de livraison ;
  • qui relit et valide ;
  • ce qui doit être repris de l’ancien site.

Si le prestataire rédige, précisez le nombre de pages, les entretiens prévus et le ton. Si vous rédigez en interne, demandez un gabarit et une limite de longueur avant de commencer.

7. Cadrez l’identité visuelle et l’expérience

Joignez le logo, la charte et des exemples de supports existants. Montrez deux ou trois sites que vous appréciez en expliquant pourquoi : navigation, sobriété, ton, rythme ou présentation des projets. Une capture sans explication prête à confusion.

Demandez une expérience responsive sur ordinateur, tablette et mobile. Mentionnez les besoins d’accessibilité connus : contraste, navigation au clavier, textes alternatifs, sous-titres ou niveau de conformité attendu. L’accessibilité est plus efficace lorsqu’elle est intégrée dès la conception.

8. Fixez les exigences SEO, performance et qualité

Pour le référencement naturel, le cahier des charges peut prévoir :

  • URLs lisibles et redirections en cas de refonte ;
  • titres et métadescriptions modifiables ;
  • hiérarchie correcte des titres ;
  • sitemap XML et règles d’indexation ;
  • données structurées lorsqu’elles sont pertinentes ;
  • maillage interne ;
  • optimisation des images et du temps de chargement ;
  • outil de mesure configuré avec les événements de conversion ;
  • balises hreflang pour les versions multilingues.

Ajoutez la compatibilité avec les navigateurs et appareils prioritaires, les sauvegardes, le HTTPS et une procédure de recette. Pour les obligations juridiques, faites valider les textes et mécanismes par un professionnel compétent lorsque l’enjeu le justifie.

9. Clarifiez la technique, la propriété et l’après-lancement

Le document doit répondre sans ambiguïté à ces questions :

  • qui enregistre et possède le nom de domaine ?
  • où le site sera-t-il hébergé ?
  • qui possède les comptes, la maquette, les contenus et les fichiers ?
  • quels accès sont remis au client ?
  • quelles mises à jour et sauvegardes sont prévues ?
  • quelle formation est incluse ?
  • combien de temps dure la garantie après mise en ligne ?
  • comment sont facturées la maintenance et les évolutions ?

Prévoyez également une solution de sortie : export des données, transfert du domaine et récupération des contenus. Cette discussion est beaucoup plus simple avant la signature.

10. Indiquez budget, calendrier et critères de validation

Donnez une fourchette budgétaire réaliste. Elle aide le prestataire à proposer le bon niveau de solution. Précisez si ce budget inclut les taxes, la rédaction, les traductions, les photos, l’hébergement et la maintenance.

Pour le calendrier, indiquez une date souhaitée et les échéances réellement incompressibles. Ajoutez les personnes qui valident et le délai de retour interne. Un projet ne peut pas avancer si trois décideurs répondent séparément deux semaines plus tard.

Enfin, listez les critères de recette : pages présentes, formulaires testés, affichage mobile validé, redirections actives, mesure des conversions et accès transmis. La mise en ligne intervient lorsque ces critères sont remplis, pas simplement à une date arbitraire.

Modèle de cahier des charges à copier

Copiez ce bloc dans votre document et remplacez les indications entre crochets :

PROJET DE SITE VITRINE - [NOM DE L’ENTREPRISE]

1. CONTEXTE
Activité : [...] 
Positionnement et zone géographique : [...] 
Site actuel et problème principal : [...] 
Décideur et interlocuteur projet : [...]

2. OBJECTIFS
Objectif prioritaire : [...] 
Actions attendues des visiteurs : [...] 
Indicateurs de réussite : [...]

3. PUBLICS
Public principal, besoin et objections : [...] 
Publics secondaires : [...]

4. PÉRIMÈTRE
Pages prévues : [...] 
Langues : [...] 
Éléments exclus : [...]

5. FONCTIONNALITÉS
Formulaires, réservation, intégrations et administration : [...]

6. CONTENUS
Textes : [client / prestataire] - livraison : [...] 
Photos et vidéos : [...] 
Traductions et validation : [...]

7. DESIGN ET ACCESSIBILITÉ
Charte existante : [...] 
Références commentées : [...] 
Besoins d’accessibilité : [...]

8. SEO, PERFORMANCE ET MESURE
Recherches prioritaires : [...] 
Redirections à prévoir : [...] 
Conversions à mesurer : [...]

9. TECHNIQUE ET SUIVI
Domaine et hébergement : [...] 
Accès et propriété attendus : [...] 
Maintenance, formation et garantie : [...]

10. BUDGET ET PLANNING
Budget disponible : [...] 
Date souhaitée et contrainte réelle : [...] 
Étapes de validation : [...] 
Livrables attendus : [...]

Checklist avant d’envoyer le document

  • Une personne est responsable des validations.
  • L’objectif principal et la conversion attendue sont explicites.
  • Le nombre de pages et de langues est estimé.
  • Chaque contenu a un responsable et une échéance.
  • Les intégrations et abonnements existants sont listés.
  • SEO, mobile, vitesse, accessibilité et mesure sont mentionnés.
  • Propriété, accès, maintenance et sortie sont clarifiés.
  • Le budget comprend ou exclut clairement les frais récurrents.
  • Le calendrier réserve du temps aux retours internes.
  • Les critères de validation finale sont mesurables.

Un bon cahier des charges n’empêche pas le dialogue : il le rend plus productif. Vous voulez vérifier votre périmètre avant de demander des devis ? Réservez une consultation gratuite de 15 minutes avec VulcainDesign.

Sébastien
À propos de l'auteur

Sébastien

Développeur et designer web freelance à Toulouse depuis 2009. Je conçois et code moi-même chaque site, du cahier des charges à la mise en ligne, pour des TPE, artisans et professions libérales qui veulent un site qui amène des clients, pas seulement des visites. 17 ans de métier, 18 avis Google à 5/5.

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